Les conséquences psychotraumatiques des violences subies pendant l’enfance

Cap

photographie : ninachani

Une étude américaine récente (2010) a été effectuée auprès de 17 000 personnes ayant été victimes de violences pendant leur enfance 50 ans après les faits en question. [Felitti VJ, ACE Study, The Relationship of adverse childhood experiences to adult health status, 2010]

Les séquelles d’inceste et de viols sont nombreuses et graves :

Troubles viscéraux chroniques, toutes maladies du système digestif dont particulièrement la maladie de Cröhn, vertiges, malaises, syncopes, vomissements, états nauséeux, états dépressifs, dépression nerveuse, maux de têtes persistants, migraines dites ophtalmiques, chutes de tension ou tension anormalement basse, hypoglycémies, maux de dos chroniques (généralement 3 dernières lombaires), fractures, eczémas, psoriasis, mort précoce, infarctus, hypertension, diabète, obésité, affections broncho-pulmonaires, hépatites, stress, angoisses et paniques, insomnies, troubles de la mémoire, perte de concentration…
Conduites à risques systématiques, tendances suicidaires, alcoolisme chronique, addiction aux drogues, addiction au tabac, attitude rebelle à long terme, grosses difficultés à accepter ou à se plier à l’autorité, marginalisation, syndrome de la bêtise, état hagard, prostration, état borderline, attitudes provocantes habituelles, colères, troubles de l’alimentation, désinsertion sociale…

Les résultats sont proportionnels au nombre de violences subies.
Cette info provient du blog de l’association Collectif inceste où se trouve aussi une interview de la psychiatre Muriel Salmona qui explique qu’il a fallu les mouvements féministes américains des années 70 et 80 pour qu’on étudie plus précisément les conséquences des viols sur les victimes et qu’on se rende compte que les victimes présentaient les mêmes troubles psychotraumatiques que les survivants des camps ou de la torture. Le viol mène à la destruction de la victime et à la destruction de sa possibilité à avoir confiance dans le monde.

Muriel Salmona est psychiatre spécialisée en psychotraumatologie. Elle est responsable de l’antenne 92 de l’Institut de victimologie et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie.

Des attitudes qui sont de véritables symptômes de la violence subie se retournent contre les victimes comme étant presque des preuves d’affabulation et disqualifient leur parole. Muriel Salmona précise d’ailleurs qu’il n’existe aucune formation initiale ou continue sur cette question pour les médecins et psychiatre.

Sur le même thème mais du côté Bd il faut lire Daddy’s girl de l’auteure américaine Debbie Drechsler qui est basé en partie sur son histoire personnelle et met en image l’inceste qu’elle a subi de la part de son père. Le dessin est à l’image de l’histoire : chargé, angoissant et claustrophobique comme s’il n’y avait pas d’échappatoire. drechsler02

La bd regroupe un ensemble de courts récits en noir et blanc qui furent publiés dans deux journaux alternatifs américains, le New York Press et le Stranger de Seattle. Les chapitres en couleur ne furent eux pas publiés dans les journaux. Cela donne un effet un peu découpé parfois, mais c’est à lire absolument.

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